Disco : 22 avril 1978
Cette semaine, Idris Muhammad grimpe au sommet, Madleen Kane brille comme un diamant brut, et la France fredonne encore Claude François.
Machine à remonter le temps. Chaque chronique fait revivre l'actualité disco d'un week-end des années 70 ou 80, au présent, comme si on y était. Les passages ▸▸ Avance rapide racontent la suite.
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Actu disco du week-end
Dans les bacs
L'album incontournable de la semaine : Boogie to the Top, d'Idris Muhammad (Kudu). Un morceau-titre de onze minutes, profond, optimiste, aux chœurs légèrement feutrés, qui mêle pop disco et jazz aux saveurs latines. Le joli solo de flûte est de Jeremy Steig. Le solo d'harmonica, inattendu, est signé Hugh McCracken, qu'on a entendu chez Roberta Flack, Aretha Franklin, Paul McCartney, Steely Dan ou Bob Dylan. Autre point fort, « One with a Star » : un son aux allures européennes, des percussions grésillantes, un clavier nerveux, et une cascade de harpes pour finir. Avec « Stick It in Your Face », Muhammad et sa bande prennent un virage franchement funk.
Chez un bon disquaire new-yorkais, on vous fera vite écouter le nouveau single de Johnnie Taylor, « Hey Mister Melody Maker », extrait de l'album Ever Ready (Columbia). Le chanteur de gospel est tout aussi à l'aise dans une disco soul élégante. L'intro vous attire irrésistiblement dans la chanson.
Belle surprise mélodique de ce week-end de printemps : « Touch My Love », de Webster Lewis. Un titre aux accents d'Earth, Wind & Fire, signé Webster Lewis et Bruce Gray, pianiste et compositeur qui a travaillé avec les Trammps, les Whispers, Ben E. King ou les Temptations. Un vrai titre feel good. Pas forcément calibré pour les pistes de danse.
Les 45 tours des Bee Gees, tirés de la bande originale de La Fièvre du samedi soir, n'en finissent pas de tapisser les rayons. L'usine à tubes des frangins tourne à plein régime. « How Deep Is Your Love », enregistré en France au château d'Hérouville, dans le Val-d'Oise, a déjà régné sur les classements américains en fin d'année dernière. Ce printemps, c'est « Night Fever » qui tient la première place.
En France, Sheila and B. Devotion caracolent en tête avec « I Don't Need a Doctor », extrait de la bande originale de L'Hôtel de la plage, le film de Michel Lang sorti en janvier.
Rough Diamond, le premier album de Madleen Kane (Warner Bros.), mannequin et chanteuse suédoise, est dans les bacs. Le titre phare est remixé par l'incontournable Jim Burgess. Il est signé Paul et Lana Sebastian, frère et sœur, auteurs-compositeurs français d'origine arménienne, à qui l'on doit « Les Gondoles à Venise », de Sheila et Ringo, ou « Gigi l'amoroso », de Dalida.
Dans la presse
« Fantasy », le nouveau titre d'Earth, Wind & Fire, n'est peut-être pas disco. Mais selon le magazine anglais Blues & Soul, joué fort, il remplira n'importe quelle piste. À Rolling Stone, Joe McEwen trouve les paroles difficiles à digérer, mais la musique aussi élégante que le meilleur funk. En pleine vague disco, la voix de Philip Bailey, sur trois octaves, emporte tout.
Alec Costandinos était à New York ce mois-ci pour présenter le nouvel album de son groupe Love & Kisses. Il signe aussi la chanson-titre de Thank God It's Friday, le film disco avec Jeff Goldblum et Donna Summer, attendu sur les écrans. Il annonce un concept-album dramatique, Le Bossu de Notre-Dame, avec son Syncophonic Orchestra. Producteur et compositeur né au Caire, il a commencé avec Dalida et Claude François, et coécrit « Love in C Minor » avec Cerrone en 1976. On lui doit aussi la musique d'une campagne publicitaire de l'eau Perrier.
▸▸ Avance rapide. Il faudra attendre 1984 pour savourer la folie des bulles en 45 tours. Sous le nom de Turbulent Blue, Alec Costandinos publie « Fou, fou, c'est fou ! » (Barclay), l'un des meilleurs jingles publicitaires jamais inventés. Arrangements du génial Don Ray, et au synthé, Alain Wisniak, le complice de Cerrone. C'est fou, non ?
Depuis sa mort accidentelle, le 11 mars, à Paris, les fans de Claude François s'arrachent « Alexandrie, Alexandra », son ultime succès disco, composé avec Jean-Pierre Bourtayre sur des paroles d'Étienne Roda-Gil. La chanson évoque l'Égypte natale de Claude François. Peu avant de l'écrire, il avait rencontré à Paris Lamont Dozier, l'auteur de tant de succès de la Motown, dont il avait déjà adapté plusieurs chansons. Au cours d'une discussion, Dozier lui joue au piano l'intro de « Going Back to My Roots », extrait de son album Peddlin' Music on the Side (Warner Bros., 1977). Ce départ musical inspirera toute la structure d'« Alexandrie, Alexandra ».
Disco top 20
Sélection France et États-Unis, week-end du 22 avril 1978*
- Alexandrie, Alexandra, Claude François (Flèche)
- Stayin' Alive, Bee Gees (RSO)
- Romeo & Juliet, Alec R. Costandinos (Casablanca)
- Rough Diamond, Madleen Kane (CBS, import)
- I Don't Need a Doctor, Sheila and B. Devotion (Carrère)
- Macho Man, Village People (Casablanca)
- Child of the Wind, Caesar Frazier (Westbound)
- Come Into My Heart / Love's Coming, USA-European Connection (Marlin)
- Let's Get Together, Detroit Emeralds (Westbound)
- Génération 78, Dalida (Orlando)
- Hot Spot, Saturday Night Band (Prelude)
- From East to West, Voyage (Marlin)
- Got to Have Loving, Don Ray (Malligator, import)
- Nobody but You, Theo Vaness (CBS, import)
- Rio de Janeiro, Gary Criss (Salsoul)
- Runaway Love, Linda Clifford (Curtom)
- Fantasy, Earth, Wind & Fire (CBS)
- Freak with Me, Universal Robot Band (Red Greg)
- Music, Harmony and Rhythm, Brooklyn Dreams (Millennium)
- I Can't Stand the Rain, Eruption (Ariola)
* Titres les plus représentatifs d'après les classements des clubs américains, les ventes et les hit-parades français.
Le titre du week-end
Idris Muhammad, « Boogie to the Top » (Kudu). Onze minutes, une flûte, un harmonica. Rien ne devrait marcher, tout marche.
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Illustration de couverture réalisée avec l'aide d'une intelligence artificielle.

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