Nicolas Skorsky, ça s'en va et ça revient

Nicolas Skorsky, pochette de l'album L'Artiste (Fauves Puma, 1979).


En 1978, à la radio, un spécialiste le répétait chaque semaine, d'un ton détaché : le disco ne passera pas l'été, l'Europe ne s'y fera jamais. Les modes ont changé cent fois depuis. Le disco, lui, est toujours là.

Nicolas Skorsky nous a quittés le 20 octobre 2014. Son nom ne vous dit peut-être rien. Sa chanson, si : « Chanson populaire », pour Claude François, coécrite avec Jean-Pierre Bourtayre. Ça s'en va et ça revient. En 1974, il signe « Crystal World » pour Crystal Grass, un vrai succès dans les clubs américains.

Un soir de décembre 1978, je suis encore écolier. À la télévision, FR3 diffuse Voyage au pays du disco. Nicolas Skorsky y est invité. Jeune pionnier français du disco américain, il parle avec enthousiasme de ce pays du spectacle où tout semble possible. « Les gens qui font ici le même métier du spectacle et du disque ont un point commun, c'est l'amour de la musique. » Il a rencontré Donna Summer. Il vient de décrocher un disque de platine pour la bande originale de Dieu merci, c'est vendredi, où figure son « Sevilla Nights ». Devant l'écran, je suis émerveillé.

Ses productions ont traversé le temps. Sa version disco de « Don't Let Me Be Misunderstood », avec Santa Esmeralda, revient en 2003 dans Kill Bill : volume 1, de Quentin Tarantino. Il a aussi composé pour la télévision, la publicité, de grands spectacles, et accompagné la dance music du début des années 90.

À sa disparition, la Sacem a salué son sens du collectif. Je repense à ce soir de décembre 1978, à ce jeune homme qui voulait importer en France l'esprit d'équipe américain. Il y est parvenu.

Quelques chansons signées Nicolas Skorsky

Claude François, « Chanson populaire »
Daniel Guichard, « Finalement on s'habitue » (1974)
Crystal Grass, « Crystal World » (1974), dont les cuivres seront repris en 1988 par S'Express
Rémy Bricka, « La vie en couleur » (1976)
Santa Esmeralda, « Don't Let Me Be Misunderstood » (1977)
Santa Esmeralda, « Sevilla Nights » (1978)
Rozlyne Clarke, « Gorgeous » (1991)

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