La façon la plus simple


6 juin 2014. Soixante-dix ans après le Débarquement, les caméras du monde entier sont tournées vers la Normandie. J'ouvre ce blog le même jour. Un hasard de calendrier. Et un lien, celui qui unit la France et les États-Unis, dont il sera souvent question ici.

Pour rendre hommage aux résistants, je pense à un lieu de Bordeaux : le Centre national Jean-Moulin, à deux pas de l'hôtel de ville. Musée et centre de documentation sur la Seconde Guerre mondiale, il a été créé en 1967 à l'initiative de Jacques Chaban-Delmas, compagnon de la Libération.

Passé la porte, le regard tombe sur une drôle de petite moto. Un engin largué en parachute, moteur Villiers de 100 cm³, digne d'un roman de James Bond. Le don d'un ancien résistant, M. Guillemot.

Cette moto, je l'ai vue arriver.

26 février 1982. Je suis lycéen. Avec les copains, je tourne beaucoup de petits films en Super 8. Des documentaires, de la fiction. Par l'intermédiaire d'un de mes professeurs, la conservatrice du musée, Geneviève Thieuleux, me confie une mission : filmer la donation de cette moto par un ancien résistant, en présence du maire de Bordeaux. J'accepte sur-le-champ.

Ce jour-là, la télévision locale est en retard. Je me retrouve seul, petite caméra sonore en main, face à Jacques Chaban-Delmas. Intimidé. La conservatrice sourit. Le maire attend que je sois prêt. Puis il parle :

« Les aventures extraordinaires de ces héros peuvent être racontées de la façon la plus simple... »

Une phrase que je garde. Elle servira de règle à ce blog.

D-Day. Bienvenue.

Photos et film © ChronicleFred. 

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