Warner Music Group : l’aventure fantastique

Le géant de l’industrie du disque à su préserver les faveurs du public.

W comme Wonderfull. La fabuleuse histoire de Warner Music Group ressemble à l’un de ces films hollywoodiens où les héros n’hésitent jamais à surprendre le spectateur. Depuis plusieurs générations, le géant de l’industrie du disque est l’un des rares à avoir su préserver les faveurs du public. Pour preuve, Johnny Hallyday, Laurent Voulzy et Alain Souchon, Julien Clerc, David Guetta ou David Bowie, pour ne citer qu’eux, font partie de la hotte préférée du Père Noël français. C’est la première chronique consacrée à une maison de disques sur le blog. Elle est menée au diapason par Thierry Hierso, mélomane invétéré aux goûts éclectiques et passionné en particulier par le groupe Chic au point d’avoir créé le site de référence francophone dédié. Je le remercie infiniment pour ce beau travail. Fred


Chronique écrite par Thierry Hierso


La célébrissime maison de disques Warner Music Group (WMG) est l’un des trois géants de l’industrie du disque internationale avec Sony Music et Universal Music. Cette référence incontournable de la musique a été créée en 1958 par Jack Warner, alors président de Warner Bros Pictures. À l’époque, Warner Bros Pictures n’avait pas de label musical. C’est ainsi que l’un de ses acteurs vedettes, Tab Hunter, enregistre la chanson à succès (et surtout à minettes…) « Young Love » pour la société Dot Records !

Dot Records était le label musical de la societé Paramount Pictures, incontournable rival de Warner Bros Pictures. Le succès du chanteur-acteur blond vénitien avec la Paramount incita logiquement Jack Warner à investir dans l’industrie du disque en fondant Warner Bros Records. En 1963, Warner Bros Records entame sa croissance en rachetant Reprise Records, une société fondée par Frank Sinatra trois ans plus tôt. Avec l’acquisition de Reprise Records, Warner acquiert par ailleurs les services du légendaire directeur exécutif Mo Ostin, qui contribuera aux succès de Warner/Reprise. Pour les aficionados, Mo Ostin est réputé pour avoir signé de nombreux artistes prestigieux : les Beach Boys, Neil Young, Frank Zappa, Paul Simon, Van Halen, Prince, les Red Hot Chili Peppers et notamment Jimi Hendrix après le Festival de Monterey de 1967.

Une faculté d’investir
là où on ne l’attend pas

1967 est précisément l’année de l’expansion de Warner Bros Records, consacrée par la vente de Warner Bros à la société Seven Arts Productions pour 95 millions de dollars, formant ainsi la société Warner Bros-Seven Arts. C’est également l’année de l’ouverture de la filiale canadienne et de l’acquisition du fabuleux label Atlantic Records, fondé en 1947 à New York par Ahmet Ertegün et Herb Abramson. Atlantic Records devient le plus vieux label de WMG, ainsi que sa succursale Atco Records.

La société Atlantic Records, sa succursale Atco Records et son associé Stax Records, permettent à Warner d’asseoir sa position dominante dans l’industrie du disque. L’achat du catalogue d’Atlantic inclut des enregistrements prestigieux de Ray Charles, The Drifters, The Coasters et beaucoup d’autres. Vers la moitié des années 1960, Atlantic et Stax produisent un nombre important d’icônes de la soul music : Booker T and the MGs, Sam and Dave, Wilson Pickett, Otis Redding, Ben E.King, Aretha Franklin. Seule la Motown pouvait alors rivaliser avec Stax. Tout ne fut pas rose cependant… le rachat d’Atlantic Records par la Warner entraîne le départ de Stax Records car la nouvelle direction menée par Jack Warner exerce des pressions trop importantes pour obtenir les droits d’enregistrement de Stax.

Atlantic Records décide alors de diversifier son catalogue en investissant sur la scène rock et pop vers la fin des années 1960 et 1970, signant des artistes majeurs britanniques et américains comme Led Zeppelin, Cream, Crosby, Stills and Nash, Yes, Average White Band, Faces, Dr. John, King Crimson, Bette Midler et Foreigner. Cette faculté d’investir là où on ne l’attend pas est l’ADN de la stratégie de la Warner. Son agilité permet au groupe de se maintenir et de développer ses activités dans l’industrie de la musique. Par sa propension à se diversifier, la Warner fait ainsi figure de précurseur au sein des majors.

En 1969, deux ans après avoir été achetée par Seven Arts, la Warner Bros.-Seven Arts Company est vendue à Kinney National Company pour 400 millions de dollars. Kinney fusionne toutes les activités de tous les labels et nomme un seul directeur général, Steve Ross, pour diriger la compagnie. La compagnie entame alors la croissance la plus importante de son histoire.

Une position dominante
dans l’industrie du disque

Durant les années 1970, la Warner établit une position dominante dans l’industrie du disque. En 1970, elle acquiert Elektra pour 10 millions de dollars, devenant un leader dans le rock avec The Doors, Tim Buckley et Love. Elle s’approprie aussi un catalogue de musique folk ainsi que les succès commerciaux provenant de la musique classique du label Nonesuch Records. La compagnie Seven Arts est alors renommée… Warner Bros 😉

En octobre 1972, l’assouplissement des lois antimonopole américaines permet au groupe Warner Communications Inc. de regrouper ses trois compagnies de disques sous l’effigie de WEA Records. L’intitulé WEA est constitué par les initiales de chaque compagnie du groupe : Warner, Elektra et Atlantic. WEA s’octroie également durant cette décennie la filiale Casablanca Records, fondée par Neil Bogart, connu pour avoir signé Kiss, T-Rex, Parliament, Curtis Mayfield, Bill Withers, Gladys Knight, Donna Summer, Village People, Lipps INc… Casablanca Records s‘émancipera néanmoins de Warner Bros quelques années plus tard.

En 1977, WEA connaît un succès commercial intense grâce au flair de Jerry L. Greenberg, le jeune président d’Atlantic Records. Ce détecteur de talents signe le groupe Chic, mené par Bernard Edwards et Nile Rodgers. Le 45 tours « Le Freak », produit en 1978, est vendu à 6 millions d’exemplaires dans le monde et reste à ce jour le titre le plus vendu du label Atlantic.

En 1988, WEA continue sa croissance en acquérant le prestigieux label de musique classique Teldec (aujourd’hui intégré à Warner Classics & Jazz) et le label britannique Magnet Records. Ce label made in Britain, fondé par Michael Levy et Peter Shelley, a été repris par Warner pour 10 millions de livres. Son panel d’artistes inclut Alvin Stardust, Stevenson’s Rocket, Matchbox, Adrian Baker, Silver Convention, Guys’n’Dolls, Bad Manners, David D’Or, Blue Zoo et Chris Rea.

En 1989, WEA est intégré au conglomérat Time Warner, dont l’activité concerne la publication, production de films et la réalisation d’émissions de télévision. WEA continue néanmoins à acquérir des labels indépendants comme CGD Records en Italie et MMG Records au Japon en 1989.

En 1990, WEA achète le label Carrère, dont le fondateur Claude Carrère fut le mentor de notre Sheila nationale et le producteur ineffable de nombreux artistes de l’Hexagone, notamment Dalida, Claude François, Hervé Vilard, Sacha Distel et Gérard Lenorman.

En novembre 2003, Time Warner se désengage du Warner Music Group (nouveau nom de WEA) en le revendant à un consortium dirigé par Edgar Bronfman Jr. Le rachat est évalué à 2,6 milliards de dollars. Le 20 juillet 2011, le groupe est racheté par le fonds d’investissement Acces Industries dirigé par le milliardaire américain Len Blavatnik, qui a fait fortune dans l’industrie chimique. Le coût est estimé à 3,3 milliards de dollars. Les racines ukrainiennes de Len Blavatnik expliquent peut-être le rachat en 2013 du label russe Gala Records par WMG. Ce label, créé en 1988, est connu depuis longtemps comme distributeur de la société EMI Record. La prise en main de plusieurs actifs d’EMI inclut Parlophone, un label qui appartient à l’histoire puisqu’il fut le premier à signer les Beatles.

Le numéro un du marché en France

Avec cette opération, fin 2014, Warner Music, grace à l’acquisition de EMI France, est le numéro un du marché en France pour la première fois en proposant pour cette fin d’année des albums d’artistes aussi divers que Johnny Hallyday, Laurent Voulzy et Alain Souchon, Julien Clerc, David Guetta, Soprano, Maria Callas, Philippe Jaroussky, Coldplay, Ed Sheeran, Zaz, David Bowie, Pink Floyd, Frank Michael, Shy’m, Amaury Vassili, Christine and The Queens et Tal. Warner Music conforte ainsi sa troisième place aux côtés des deux géants qui dominent le marché, Universal Music et Sony Music.

Au-delà de la dimension historique voire mythique du groupe, Warner Music Group est avant tout un groupe avant-gardiste qui a su diversifier ses activités en investissant progressivement dans tous les styles de musique, tout en reposant sur une logique économique implacable basée sur l’absorption des labels indépendants les plus prestigieux, et sur le maintien de son leadership lors des fusions d’activités avec des labels rivaux de même envergure.

Time Warner building à New York (Photo Chroniclefred.com)
Situé à New York (Columbus Circle), à deux pas de Central Park, l’adresse est très fréquentée pour ses cafés, restaurants et boutiques et abrite aussi le célèbre Whole Foods Market (Photo Chroniclefred.com)

FOCUS

(Informations sous toutes réserves. Janvier 2015)
Direction d’entreprise 
Stephen F. Cooper – CEO
Eric Levin – Executive Vice President & CFO Warner Music Group
Paul M. Robinson – Executive Vice President & General Counsel Warner Music Group
Rob Wiesenthal – Chief Operating Officer/Corporate, Warner Music Group
Eric Levin – Executive Vice President & CFO Warner Music Group
Cameron Strang – Chairman & CEO Warner Bros. Records and Warner/Chappell Music
Maria Osherova – Executive Vice President, Human Resources, Warner Music Group
Les sociétés de Warner Music Group
Warner Bros. Records Inc.
Atlantic Records Group
Parlophone
Rhino Entertainment
Warner Music Nashville
Alternative Distribution Alliance (ADA)

Découvrez l’actualité musicale de Warner Music France

• Nous tenons à remercier Alain Veille pour ses précisions à propos du groupe Warner Music.
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Photo Une : Thierry et Nile Rodgers (CHIC). Rejoignez le forum francophone de CHIC. Toute l’actualité du groupe mais aussi toute la musique qu’on aime !
Photo Time Warner building : © 2015 Frederic.

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